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    July 03

    Gestation d'oeuvre

    Gilles Marrey, , L'atelier (les pas perdus), 1997-1998
    Un atelier est un lieu de fabrication.
    Imaginer, concevoir sont mes missions.
    Alors, bien sûr, comme tout créateur,
    J'assiste à une naissance, parfois en douceur,
    Ou, au contraire, dans une grande rage,
    C'est celle de l'oeuvre : portrait ou paysage.
    Je m'agite, je fais les cent pas,
    Fébrile, c'est comme si j'étais le Papa
    S'impatientant dans le couloir de l'hôpital,
    S'interrogeant sur ses futures joies parentales.
    Courbet a parlé de l'origine du monde
    Et de son atelier, ce tableau est une oeuvre féconde.
    July 02

    Circulation

    Gilles Marrey, Périph, 2005
    Un grand couloir
    Très bruyant le soir.
    Un flot de voitures
    Qui klaxonnent dur.
    Des phares qui éclairent
    Des mur de bêton austères
    Et une piste de circulation.
    C'est presqu'un lieu de perdition.
    July 01

    Big Apple

    Gilles Marrey (né en 1963), 5e avenue, 2005-2006
    Tout est géométrique.
    Quelle belle arithmétique
    Que ces avenues paralléles
    Avec des nombres qui martélent
    Une progression vers l'infini.
    Le gigantisme affole : où sont les amis
    Qui pourraient aider à se repérer?
    Par des panneaux publicitaires avec des visages humains, les rues sont parées.
    Mais point d'accueil et d'hospitalité.
    Surprenante ville faite de milliers d'individualités.
    June 30

    Paysage vert

    Alfred Sisley, Les champs, 1874
    Une multitude de nuages
    Dans le ciel et pourtant aucun orage
    En vue. Il fait beau.
    Les champs n'ont pas de troupeau.
    Partout le vert des pâturages
    Accentue la belle image
    D'une nature luxuriante,
    Lumineuse et vivifiante.
     
    June 29

    Confirmation

    Caspar David Friedrich, Moine au bord de la mer, 1809
    Bien sûr, je prie
    Dans la sacristie.
    C'est ma profession,
    J'écoute des confessions.
    Mais parfois j'ai des doutes
    Et je veux savoir coûte que coûte
    Si le ciel est peuplé,
    S'il y a des anges et sa majesté
    Dieu, s'il y a le paradis
    Et l'enfer dans cet infini.
    June 28

    Il fait lourd

    Giorgione, La tempête, vers 1505
    Les sons deviennent plus audibles
    Parce qu'il est de plus en plus plausible
    Qu'une agitation se prépare.
    Le ciel devient sombre comme s'il était tard
    Et des éclairs crévent cette obscurité.
    Souvent c'est lié à la chaleur de l'été
    Qui devient suffocante. L'abcès perce
    Et ensuite le calme revient et berce.
    Chacun s'endort dans le silence
    Sans craindre de nouvelles violences
    June 27

    Nébulosité

    John Constable, Etude de nuage, vers 1821-1822
    Comme du coton
    Accroché au plafond
    Céleste, les nuages
    Offrent une image
    Changeante en fonction
    De leur absence d'immobilisation.
    Au-dessus des têtes
    Ils ressemblent à des girouettes
    Aux formes mouvantes,
    Joyeuses ou inquiétantes.
    On y voit des monstres,
    Des éléphants ou des ventres
    De gros bonhommes finalement
    Gentils. L'ensemble est le firmament.
    June 26

    Attention danger

    Joseph Mallord William Turner, Pluie, Vapeur, Vitesse, 1844
    Un train qui siffle,
    Le vent qui souffle,
    La pluie qui cingle.
    Les rails sont comme une tringle
    Qui tient les passagers en équilibre.
    Ils ne sont guère libres
    De leur sort, pauvres badauds
    Flottants au milieu des trombes d'eau.
    June 25

    Coup de sifflet

    Claude Monet, La gare Saint-Lazare et le pont de l'Europe, 1877
    Le train évoque les vacances
    D'été : c'est la grande transhumance
    De touristes. Qui part dans le Nord ?
    Et qui part au Sud ? Et pourquoi pas  vers des ports
    Très distants car les frontières européennes
    Ne semblent maintenant pas assez lointaines.
    Partir à la recherche de l'exotisme,
    De l'inconnu, tout cela avec l'optimisme
    De trouver mieux ailleurs, plus de bien-être.
    Allez, pour le départ, tous installés près de la fenêtre.
    June 24

    Régal estival

    Paul Cézanne, Nature morte-pommes et poires, 1900-1904
    De pommes, des poires
    Que l'on achète à la foire
    Ou bien que l'on cueille à l'arbre :
    C'est l'été ! Sur les tables il se célèbre
    Avec les compotes, les salades et les fruits,
    Les glaces et d'autres mets exquis.
    June 23

    Transformation

    Edgar Degas (1834-1917), Paysage, vers 1892
    La vision d'un artiste
    D'un paysage devient parfois anthropomorphiste.
    Regardez bien ce tableau d'Edgar Degas.
    A première vue, il y a la mer en contre-bas
    Tandis que surplombe un paysage très vert.
    Mais, peut-être voyez-vous tout de travers.
    Soyez plus attentifs, faîtes attention aux formes.
    Deux jambes apparaissent, à gauche, et transforment
    Le prétendu paysage en un être humain.
    Allez vers la droite et vous découvrirez les seins,
    Puis, le long de la "mer" sera la chevelure,
    Un peu rousse. Alors, plus de nature
    Dans ce tableau qui devient un nu renversé
    Et est proche de Femme nue allongée
    Appelé parfois Le sommeil
    Peint par ce même artiste. Quelle merveille!
     
    June 22

    La baignade

    Frédéric Bazille, Scène d'été, 1869
    Se retrouver entre hommes
    Au bord du lac, c'est en somme
    S'accorder un moment de détente,
    Chasser le quotidien qui hante
    L'esprit. Nous nous mettons en maillot,
    Un peu de bronzette, puis, à l'eau.
    Nos corps vigoureux aiment cet excercice,
    Parfois, nous ajoutons la lutte, libératrice
    De notre trop plein d'énergie.
    Nous nous sentons ensuite assagis.
    L'après-midi passe sous le soleil
    Et ce jour est vraiment événementiel.
     
    June 21

    Plein la vue

    Claude Monet (1840-1926), Cathédrale de Rouen, effet de soleil, fin de journée , 1892
    Un apparent fouillis de couleurs
    Qui met l'accent sur les lueurs
    Qui se détachent atour de cette cathédrale.
    Elle brille et fait l'effet d'un fanal
    Illuminant le ciel de ses reflets d'or.
    La façade partiellement indistincte est ce grand corps
    Dont pourtant les lignes de force montent vers le ciel.
    Le réel s'efface . L'architecture devient artificielle.
    June 20

    Impressionnant !

    Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872
    Un flou artistique avec des reflets
    Rouges dans le tableau de Claude Monet
    Et Louis Le Roy ironise sur l'impression
    Car il ne comprend rien à l'exposition.
    Du "salon des refusés" à la gloire,
    Le chemin sera long, mais il a fallu y croire.
    Etre impressionniste, c'est être comme le soleil :
    Eclairer par petites touches et faire de chaque chose une merveille.
    June 19

    Risque d'insolation

    Gaetano Previati (1852-1920), Le char du soleil, 1907
    Apollon, soleil mythologique,
    Souvent dans la tradition iconographique,
    Est représenté sous la forme d'un archer
    Conduisant un char en train de sillonner
    Le ciel, chevaux poussés au galop.
    Il éblouit de ses rayons depuis là-haut.
    Sur son passage, tout devient couleur or.
    Sa puissance il impose, tel un conquistador.
    June 18

    En forme

    Edvard Munch (1863-1944), Matin, 1884
    Le matin, au réveil,
    Parfois on s'émerveille
    A la vue d'un ciel si clair,
    S'un soleil si chaud, d'une terre
    Si vallonnée, que plein de projets
    Naissent dans la tête,  qu'on se sent gai,
    Prête à sortir vite de sa maisonnée
    Et à aller faire une grande randonnée.
    June 17

    Jeux d'eau

    Anders Zorn, Clapotis de vagues, 1887
    Le soleil joue dans l'eau
    Et ses reflets sont très beaux.
    Des ombres et des lumières
    Apparaissent à la surface d'abord claire
    Puis qui se trouble parce qu'un caillou
    Y est jeté, comme un billet doux
    Lancé à un amoureux. Il dessine des ronds
    Dans les vagues pendant la discussion sur le petit pont.
    June 16

    Agonie

    Edvard Munch, L'enfant malade, 1885- 1886
    La fièvre ne diminue pas,
    La douleur ne disparaît pas.
    Aucun traitement ne semble capable
    De chasser ces maux misérables
    Qui troublent le pauvre petit.
    Sa chère Maman  tremble pour sa vie.
    Que faire, à part quelques prières,
    Pour oublier que l'issue est le cimetière ?
     
    June 15

    Voir les choses en grand

    Anders Zorn, Emma Zorn lisant, 1887
    Est-ce par trouble de la vision
    Ou bien par grande passion
    Qu'elle approche tant le journal
    De ses yeux ? L'article ne doit pas être banal.
    Peut-être parle-t-il de la carrière
    De son mari dont elle est si fière.
    D'ailleurs, après sa mort, elle a oeuvré
    A l'ouverture d'un musée où ses toiles sont exposées.
    June 14

    Attention !

    Anders Zorn (1860-1938), Margit 1891
    Il y a du fauve
    Dans Margit qui sauve
    Sa chevelure du désordre
    D'après l'amour. Elle aime mordre
    Le ruban avant de le mettre
    Au bout de ses cheveux roux : plus de mèches folâtres!
    Mais ses yeux restent coquins!
    Son nez retroussé, sa peau de satin
    Invitent à nouveau à tout défaire.
    Comme un félin, elle aime plaire.